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WORLD PRESS PHOTO MONTRÉAL

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WORLD PRESS PHOTO MONTRÉAL

Le World Press Photo récompense chaque année depuis 1955 les meilleures photographies de presse qui ont marqué l’année en cours.

Depuis 2011, nous avons la chance de présenter le World Press Photo à Montréal. La prochaine édition aura lieu du 29 août au 30 septembre 2018 au Marché Bonsecours.

–Souvent comparé aux Oscars de la photographie, le World Press Photo est le plus prestigieux concours de photographie professionnelle international. Présentées dans plus de 40 pays, les images sont vues chaque année par plus de 2,5 millions de personnes. C’est donc un honneur que de pouvoir produire son édition chaque année depuis 2010 à Montréal.

Si l’on ne ressort pas vraiment indemne de l’exposition, et encore moins joyeux – mais c’est le but, parce qu’il s’agit là des réalités de notre monde contemporain –, c’est une exposition nécessaire, qui permet de faire une pause dans le flot massif et ininterrompu d’images qui nous submergent quotidiennement.

Le World Press Photo est une exposition nécessaire parce qu’il permet de prendre le temps de la réflexion et du recueillement sur les événements qui ont marqué l’année. Les photographies qui y sont exposées ne sont pas des photographies de fil de presse classiques. Elles ne sont pas forcément nettes ou bien éclairées, elles ne participent pas du sensationnalisme. Elles tendent vers quelque chose de plus subtil, voire parfois vers quelque chose de poétique. Il y a dedans une véritable recherche esthétique, des flous, des perspectives inusitées, allant puiser pour certaines dans des travaux et photo-reportages au long cours.

Fenêtres ouvertes sur le monde, elles nous donnent en partage autant de regards singuliers qu’il y a de diversité dans les réalités qui façonnent notre monde. Le World Press Photo secoue. C’est troublant, déstabilisant, c’est souvent dur, parfois plus léger, bref ça montre la vie dans tous ses pendants mais surtout, ce qui relie l’humanité à son époque – et nous, visiteurs, à nos contemporains…

World Press Photo 2013

Gaza Burial
© Paul Hansen

Syrie Under Siege
© Alessio Romenzi


ÉCOUTER “LES RÉALITÉS HORS DE NOTRE REGARD”
Entrevue pour Radio Canada International

               

* Chiffres 2014. À la fin de l’année 2016, l’UNHCR fait état de 65,6 millions de réfugiés à travers le monde.

Avec le choix de cette image, le jury du World Press Photo a préféré appréhender l’humanité dans sa globalité plutôt que de mettre l’accent sur la nouvelle quotidienne, se positionnant à contre-courant des choix éditoriaux de nombreux médias. Ces derniers proposent souvent une actualité qualifiée de sensationnaliste, qui relate le nombre de morts d’un acte terroriste plutôt que la vie des millions de personnes affectées par ce conflit.

Nous en savons davantage sur les armes chimiques utilisées par Bashar al-Assad que sur les 2 970 070 réfugiés syriens, en date du 24 août 2014, qui ont fui leur pays. Nous en savons davantage sur l’avancée de l’organisation de l’État islamique en Irak et en Syrie, les frappes états-uniennes et le meurtre barbare du journaliste américain James Foley que sur le quotidien tragique de plus de 200 000 Chrétiens, Chiites et Yézidis condamnés à l’exil. Nous en savons davantage sur les résultats des rapports d’experts environnementaux que sur les centaines de milliers d’habitants d’atolls océaniques qui voient l’intégralité de leur pays s’éroder et disparaître en raison du réchauffement climatique.

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), plus de 50 millions de réfugiés * sont dispersés dans le monde, nombre qui franchit la limite symbolique des mouvements de population vécus durant la Seconde Guerre mondiale. Comme le souligne Gary Knight, président du jury 2014, cette édition donne « priorité aux photos qui constituent le début d’un dialogue avec le spectateur, et non pas la fin ». Cette édition ouvre une discussion sur la migration tout en favorisant un temps d’arrêt devant des images à la fois singulières et universelles, choisies pour la force des histoires qu’elles nous racontent.

World Press Photo 2014

Le Dialogue Migratoire

Le 14 février 2014, je consultais avec impatience ma boîte courriel, en attente de l’infolettre envoyée d’Amsterdam dévoilant les gagnants du World Press Photo 2014. Je m’attendais à ce que la Photographie de l’année provienne de Syrie, ce fut une surprise de découvrir la puissante image de John Stanmeyer, réalisée à Djibouti.

Son évocation emblématique touche l’une des plus importantes problématiques humaines : la migration, un phénomène universel et intemporel systématiquement lié aux problématiques frontalières, à la guerre, à la pauvreté, aux famines et aux catastrophes environnementales.

Lauréat World Press Photo 2014 © John Stanmeyer, VII, National Geographic

World Press Photo 2015

Quel regard ?

Douze février 2015, 5 h 07 le matin.
Un courriel d’Amsterdam intitulé And the winner is… s’affiche à l’écran. Comme chaque année, c’est dans un mélange d’excitation et d’appréhension que je découvre la photo World Press Photo of the Year, l’image gagnante qui fera le tour du monde et sera vue par des dizaines de millions de personnes. Cette photographie, choisie après plusieurs heures de délibération, par un jury de pairs de haut niveau, va marquer l’imaginaire. Va laisser une trace. C’est pourquoi ce choix n’est jamais anodin.

Rappelons-nous, en 2010, Bibi Aisha, jeune Afghane défigurée par les talibans. Publiée en couverture du magazine Time, cette photographie de Jodi Bieber symbolise l’échec de la guerre en Afghanistan. Elle fait un pont avec celle de l’Afghane aux yeux verts, icône emblématique captée par Steve McCurry et publiée dans le National Geographic en 1985. Cette Mona Lisa du Tiers Monde incarnait alors le visage des réfugiés, ici forcés à l’exil en raison de la présence soviétique en territoire afghan.

En 2014, les médias internationaux ont braqué leur attention sur le conflit en Ukraine. Je m’attendais à découvrir une photo de l’année témoignant de ces frictions politiques et militaires. Ce fut donc une surprise de découvrir l’image de Mads Nissen représentant un couple gai dans leur appartement de Saint-Pétersbourg.

Lauréat World Press Photo 2015 © Mads Nissen

Dénonçant l’homophobie en Russie, cette image évoquant une peinture de la renaissance est également politique. Il y a de l’homophobie en Russie, tout comme il y a des bars gais à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Pour quelle raison mettre l’accent sur cette image alors que Kiev est à feu et à sang ? Est-ce que les choix peuvent être déterminés par l’interprétation d’enjeux géopolitiques vus à travers le prisme culturel d’un Occident émergeant à peine de deux guerres mondiales et d’une guerre froide, laissant au passage des stigmates inconscients sur notre façon de percevoir l’autre ?

La photo lauréate du World Press Photo 2015 dénonce l’homophobie en Russie alors que des centaines de milliers de Français ont manifesté contre le mariage gai dans les rues de Paris. Bien que le Kremlin revendique un territoire russophone en Ukraine, les séparatistes sont considérés par la majorité des Occidentaux comme des terroristes.

Les images de cette exposition sont des fenêtres sur le monde, des cadres de réflexion recelant autant d’interprétations et de possibles nuances que le nombre de regards qui se poseront sur chacune d’elles. Puissions-nous prendre le temps d’interroger ce regard.

World Press Photo 2016

La croisée des chemins

En 2015, 5775 photographes de 128 pays ont soumis 83 000 images à la fondation du World Press Photo. Autant de réalités qui façonnent notre monde.

Choisir, c’est parfois exclure. Certains choix sont parfois difficiles. Au terme de ce processus ardu, le jury a sélectionné 155 images, plus que jamais nécessaires. Des clichés qui nous obligent à suspendre le temps devant la force des histoires racontées.
 
Cette année, une emphase incontournable est consacrée au conflit syrien. La percutante Photo de l’année de l’Australien Warren Richardson relate le destin d’un bébé tendu entre les mailles d’une clôture de fil de fer barbelé. Comme l’a si bien dit Francis Kohn, président du jury, cette image parle « d’angoisse, de précarité, et d’espoir ». Angoisse d’un passé terrifiant, précarité d’un présent incertain, espoir d’un futur meilleur. La fragilité de ce moment est fulgurante pour ce jeune humain à la croisée des chemins.

Lauréat World Press Photo 2016 © Warren Richardson

Une autre image aurait pu être récompensée. Rappelons-nous, l’année précédente, cette photo d’un enfant, mort sur une plage de Turquie, face contre terre. Un bébé dont la vie a été brisée. Un enfant qui aurait pu avoir un tout autre destin, dans une nouvelle terre d’accueil. Comme par exemple à quelques rues d’ici, à Montréal.

Trait d’union et trait de lumière sur des histoires souvent difficiles, l’exposition “Je ne viens pas de l’espace”, présentée dans l’Espace Mezzanine, témoigne du formidable pouvoir de mobilisation et de générosité humaine. Ces enfants, ces parents, ces familles, ces nouveaux arrivants, ayant franchi nombre d’obstacles, enrichissent notre collectivité et œuvrent à l’évolution de Montréal, du Québec et du Canada.

Bon nombre d’histoires relatent des destins que nous avons peine à concevoir. Le Népal, dévasté par un puissant séisme, laissant 8 000 morts, 21 000 blessés et près de 3 millions de personnes sans-abris. Des Parisiens, dont la vie est soudainement fauchée par des offensives terroristes. La vie brisée de soldates américaines, victimes d’agressions sexuelles. Heureusement, certains chemins sont porteurs d’espoir. Comme la joie indescriptible d’un athlète remportant une médaille, ou encore des milliers d’animaux sauvés par des humains.

Les images de cette exposition sont des cadres de réflexion recelant autant d’interprétations et de possibles nuances que le nombre de regards qui se poseront sur chacune d’elles. Puissions-nous prendre le temps de saisir la fragilité de nos destins.

World Press Photo 2017

Lauréat World Press Photo 2017 © Burhan Ozbilici

À propos de la photo lauréate du World Press Photo 2017 pour Radio Canada International

Plus d'informations

Voir le site du World Press Photo Montréal.
D’autres médias (audio, vidéo) relatifs au World Press Photo sont disponibles ici.

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