Menu

LA FONTE DES TROPIQUES –KIRIBATI ET LES ÎLES MARSHALL À L’AVANT-SCÈNE DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES PLANÉTAIRES

La Fonte des Tropiques

—KIRIBATI ET LES ÎLES MARSHALL POSTÉES À L'AVANT-SCÈNE DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES PLANÉTAIRES

“Les changements climatiques ne sont ni une problématique environnementale ni une question de croissance économique. Il s'agit d'une question de survie pour l'humanité toute entière.”

En janvier 2014, je suis parti à la rencontre des habitants d’îles coralliennes situées en plein coeur du Pacifique afin d’avoir une meilleure compréhension des enjeux environnementaux relatifs au réchauffement climatique et à la montée du niveau des eaux.

En raison de l’élévation du niveau de la mer, les habitants de la République de Kiribati et des Iles Marshall doivent faire face à une menace environnementale sans précédent. Leurs terres étant vouées à être bientôt submergées, ces nations insulaires réfléchissent déjà à comment évacuer l’ensemble de leur population d’ici 2030.

Cette grave crise écologique contraste fortement avec l’aspect paradisiaque des paysages et le mode de vie simple, et comme préservé, de ces îles. Ironie du destin, ces pays discrets, méconnus, éloignés, et dont l’empreinte environnementale est quasi inexistante, se retrouvent parmi les premières victimes des changements climatiques.

Ce voyage a radicalement transformé ma vision des questions environnementales. J’y ai rencontré Anote Tong, le président de Kiribati, qui compare l’exploitation des ressources naturelles engendrée dans le contexte d’une économie de marché à une forme insidieuse d’écoterrorisme. Il voit le changement climatique comme une menace sérieuse à la sécurité nationale qui effacera irrévocablement son pays de la carte.

Alors que certains émettent encore des doutes sur le rôle joué par l’activité humaine dans des tragédies telles que le typhon dévastateur des Philippines ou les terribles inondations au Pakistan ayant eu lieu il y a quelques années de cela, la corrélation entre la montée du niveau des océans et la fonte des glaces est aujourd’hui démontrée et hors de tout doute.

Anote Tong, Président de la République de Kiribati

“Lors d’une assemblée du Conseil de sécurité des Nations unies à laquelle j’assistais, tout le monde discutait des problèmes du terrorisme. J’ai alors pris la parole pour dire que, si nous étions tous d’accord pour affirmer que la réalité du terrorisme était une situation difficile et complexe, la totalité des citoyens de mon pays était présentement victime d’écoterrorisme. Je leur ai ensuite demandé pourquoi ils ne nous prêtaient pas davantage attention.”
—Anote Tong, 24 janvier 2014

Pour l’heure, postées à l’avant-scène des changements climatiques planétaires, les Républiques de Kiribati et des Îles Marshall – qui comptent seulement dans les 167000 habitants – assistent à leur propre disparition territoriale et ce, dans la plus grande indifférence. Le président de Kiribati, Anote Tong, m’a un jour dit qu’il n’avait rien dans son pays, rien à offrir sinon du thon, conscient que son pays disparaîtra dans le silence général. Parce qu’il sait que personne, dans le monde, n’a d’intérêt à le sauver. Mais qu’en est-il du futur des autres grandes villes côtières du monde ?

New York, Mumbai, Tokyo ou même Shanghai pourraient être les prochaines métropoles touchées, parmi les 136 grandes villes côtières de la planète, ce qui représente des dizaines de millions de personnes… Tandis qu’Anote Tong et son gouvernement travaillent dur à l’heure actuelle pour planifier le déplacement de leurs populations et sécuriser des terres aux îles Fidji afin de leur assurer une relocalisation sûre, les liens qui unissent un peuple à son territoire ne se transportent pas comme cela.

Les “pays insulaires submergés” présentent l’un des scénarios les plus dramatiques quant à l’impact des changements climatiques. Des populations entières pourraient se retrouver apatrides.

Il n’existe aucun précédent de perte complète d’un territoire ou de l’exil de l’ensemble d’une population. Les premiers cas de réfugiés climatiques sont présentement portés devant les tribunaux internationaux.

65,6 millions, ce sont les chiffres 2016 diffusés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) du nombre de personnes contraintes à l’exil à cause des conflits et persécutions à travers le monde.

Si rien ne change dans la relation qu’entretiennent les humains avec leur planète, on pourra se souvenir du XXIIe siècle comme celui ayant introduit la notion terrible des réfugiés climatiques sans espoir de retour.

This is a unique website which will require a more modern browser to work!

Please upgrade today!