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KUNA YALA EN PÉRIL –PROBLÈMES CONTEMPORAINS

Kuna Yala en péril

—PROBLÈMES CONTEMPORAINS

“Pourquoi nos mères pleurent-elles ? Est-ce que c’est à cause des ouragans et
des tremblements de terre ? Les temps sont noirs. Qui fait ça ?”

Kuna Yala. Panama.

De l’extérieur, on pourrait croire à un paradis tranquille. Tout a l’air si calme et comme arrêté dans le temps. Mais les Kunas font face à des réalités beaucoup moins idylliques et pâtissent des conséquences désastreuses d’un monde globalisé.

La montée des eaux due au réchauffement climatique les menace de submerger complètement leur archipel d’ici seulement une génération, tandis que le trafic de cocaïne sévissant dans la région est en train de dévaster leur société.

—C’est au cours d’un voyage en bateau du Panama à la Colombie en 2011 que j’ai découvert les îles de Kuna Yala.

Attiré en premier lieu par la façon dont les Kunas montraient une extrême déférence envers leurs traditions afin de préserver leurs terres et mode de vie des influences extérieures, j’y découvris des inondations importantes et voulu explorer comment les Kunas géraient ces problèmes. En filigrane toujours, la problématique des défis environnementaux qui menacent l’avenir de peuples entiers.

Originaires de ce qui est maintenant la Colombie, les Kunas occupent près de 40 des 350 îles situées entre l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud. Pendant de nombreuses années, les Kunas se sont battus contre les activités minières et de développement qui pourraient perturber leurs ressources.

Depuis une rébellion sanglante en 1925, ils maintiennent une grande autonomie vis-à-vis du gouvernement panaméen et de l’influence moderne. Leurs dirigeants sont stricts quant à la protection de leur mode de vie, limitant le développement des îles et imposant des frais aux touristes pour interagir avec les résidents. La plupart des îles n’ont pas l’électricité et sont alimentées par des générateurs au mazout apportés par les commerçants colombiens.

Le soir, les Kunas se réunissent pour des congresos, des rassemblements nocturnes animés par leur chef spirituel, où ils communient et récitent pendant des heures des chants traditionnels. Les paroles sont empreintes de mythes et de métaphores reconnaissantes envers leurs ancêtres et faisant l’éloge de leur terre. Mais depuis plusieurs années, ces congresos ont pris une tonalité plus sombre. Après que des marées anormalement fortes se sont abattues sur la côte en 2008 et ont détruit leurs maisons, des centaines de Kunas ont été forcées de se déplacer vers l’intérieur du pays.

Maintenant, quand les Kunas prient leurs dieux, ils leur demandent surtout des jours meilleurs à venir et leur protection afin de préserver leur mode de vie et leurs terres. Les congresos sont aussi l’occasion de débattre sur la façon de gérer le trafic de narcotique qui sévit tout autour. Que faire des cargaisons de cocaïne qui dérivent vers leurs côtes ou se retrouvent prises dans leurs filets de pêche ?

Plus d'informations

Cette série a été exposée à l’Espace Tohu Bohu, Montréal, CA — jan-fév. 2013
et à l’Atrium de la Maison du Développement durable, Montréal, CA — mars-avril 2013

Voir également :
Kuna Yala en péril – Portraits
Kuna Yala dans le NY Times

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